Lopaw n'a jamais été une princesse. Elle est née dans un petit village reculé, loin des grandes cités et des royaumes. Son père était un bourreau du village — chargé d'exécuter les sentences locales, de maintenir l'ordre par la peur et la douleur.
Les cris et les pleurs des condamnés étaient sa berceuse, les chaînes et les outils froids son quotidien. Dès son plus jeune âge, elle comprit qu'il fallait survivre en paraissant douce et fragile. Les sourires sauvent plus que la force. Les larmes séduisent plus que la colère.
Un soir, alors que la révolte grondait dans le village, la justice du bourreau s'effondra. Le peuple se leva contre les oppresseurs. Les portes des maisons s'ouvrirent dans le chaos.
Son père fut tué. Elle, elle fut épargnée. Pourquoi ? Parce qu'elle semblait innocente, perdue, digne de compassion. Elle aurait pu pleurer. Elle aurait pu crier. Elle n'a rien fait. Elle a fui.